Copa Libertadores (Finale retour) : River Plate renverse…

Copa Libertadores (Finale retour) : River Plate renverse…

Après avoir concédé l’ouverture du score, River Plate a décroché la cinquième Copa Libertadores de son histoire dimanche aux dépens de son rival Boca Juniors (3-1 ap). Le héros de la soirée, après un mois de rebondissements en tous genres, se nomme Juan Quintero.

Il était écrit qu’il faudrait verser jusqu’à la dernière goutte de sueur pour sortir vainqueur de cette interminable finale de Copa Libertadores. Quatre semaines pile après le match aller (2-2) et au bout de 120 minutes d’un combat encore épique, River Plate a terrassé Boca Juniors, son rival historique (3-1 ap). Entré à l’heure de jeu et déjà impliqué sur l’égalisation, Juan Quintero a inscrit le but de la victoire d’un enchaînement ultra-rapide (109eme). Un bijou de l’international colombien qui a fait basculer dans l’ivresse une moitié de Santagio-Bernabéu, tout en lui offrant une place pour la postérité dans son cœur. Boca a jeté toutes ses forces dans la bataille, Leonardo Jara trouvant même le poteau de Franco Armani à la 120eme minute. Dans la foulée, Gonzalo Martinez a tué tout suspense en réalisant le break dans le but vide suite à un corner repoussé par sa défense (122eme). Avec là encore Quintero à la dernière passe. Avec cinq Copa Libertadores à son palmarès désormais, River n’est plus qu’à une longueur de sa victime du soir.

 

Benedetto, l’homme de la Libertadores

Il n’y avait qu’un match au scénario imprévisible et aux multiples rebondissements pour clore un tel feuilleton. Il durait depuis un mois, entre le report d’un jour de la première manche, les incidents avant la seconde et les délibérations interminables de la Conmebol amenant à la délocalisation de la rencontre à Madrid. Un choix scandaleux pour certains, qui a enlevé une part de magie à ce rendez-vous, dont le Monumental était privé. Mais il a rendu le moment encore plus hors du temps, comme si ce « Superclasico du siècle » ne l’était pas déjà suffisamment. Pendant au moins 45 minutes, c’est Boca qui avait l’ascendant. Les hommes de Guillermo Scheletto bloquaient parfaitement ceux de Marcelo Gallardo, habitués à dérouler dans le jeu, et étaient les plus menaçants. Après deux belles occasions pour Pablo Pérez, à chaque fois sur le deuxième temps d’un coup de pied arrêté (10eme, 30eme), Dario Benedetto a conclu un contre dans le plus pur style Boca, suite à une ouverture lumineuse de Nahitan Nandez au départ (0-1, 43eme). Le cinquième but de l’attaquant international argentin dans cette Copa Libertadores 2018, tous inscrits depuis les demi-finales.

De l’intensité, des courses, mais du déchet

Mais son équipe, qui avait déjà fait le choix de laisser le ballon à l’adversaire lors du premier acte, a encore plus reculé au retour des vestiaires. Ça ne s’est pas immédiatement traduit par de réelles opportunités, même si Esteban Andrada a frôlé la correctionnelle pour une intervention douteuse sur Lucas Pratto (55eme). Ce dernier, formé à Boca Juniors, a tenu sa revanche une dizaine de minutes plus tard, à la conclusion d’un mouvement à trois limpide avec Ignacio Fernandez et Quintero (1-1, 68eme). Déjà extrêmement engagé dans les duels, avec des contacts d’une intensité folle et des courses dans tous les sens, à défaut d’une grande qualité technique, le match est entré dans une autre dimension. Comme dans un match de boxe entre deux poids lourds au bord du K.-O., les deux équipes se sont rendu coup pour coup, sans que le match ne bascule avant la fin des 90 minutes. Direction la prolongation, le règlement stipulant que les buts à l’extérieur ne comptent pas double en cas d’égalité sur la double confrontation finale.

Une statue pour Gallardo

La balance a néanmoins penché du côté de River dès le coup d’envoi de la prolongation, avec l’expulsion de Wilmar Barrios pour un deuxième avertissement (92eme). Il avait pris le premier à la 87eme minute… A dix, puis même à neuf en toute fin de match avec la sortie sur blessure de Fernando Gago, Boca s’est davantage recroquevillé sur son but et a fini par craquer, sans que l’entrée de Carlos Tévez juste après le but du 2-1 n’y change quelque chose. Passé par Rennes dans un relatif anonymat, Quintero a acquis le statut de héros éternel dans toute une partie de Buenos Aires. Gallardo pourrait aussi y prétendre, lui qui a gagné une deuxième Libertadores avec son club formateur comme entraîneur, après en avoir remporté une comme joueur. Tout ce groupe est de toute façon lié à jamais par tout ce qu’il a vécu depuis un mois. Une parenthèse unique dans l’histoire du derby le plus chaud du monde, du football sud-américain et de ce sport en général. Une parenthèse à jamais rouge et blanche.

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