Caricom: la priorité de Jovenel Moïse

Caricom:  la priorité de Jovenel Moïse

Le président de la République, Jovenel Moïse, sera le président de la Caricom à partir de février prochain. Il remplacera à ce poste le Premier ministre de la Grenade, Dr Keith Micthell, après 6 mois de présidence, dans le cadre du système de rotation mis en place au sein du conseil régional. La question de l’assurance postdésastre sera l’une de ses priorités au cours de son mandat. L’information a été révélée sur Magik9 ce jeudi par le représentant d’Haïti à la Caricom, l’ambassadeur Peterson Noël. « Cette question intéresse à la fois le président et la région. Haïti a été dévastée par l’ouragan Matthew en octobre 2016. La Dominique, Antigua, Turk-and-Caicos, et beaucoup d’autres pays ont été affectés par l’ouragan Irma en 2017. À cause de sa situation géographique, la Caraïbe est exposée aux ouragans. De plus, nous sommes placés dans une zone traversée par des failles sismiques, ce qui nous expose aux tremblements de terre », détaille-t-il, comme pour expliquer le choix de cette priorité.

Selon l’ambassadeur Noël, l’assurance postdésastre permettra aux pays de la région d’apporter les premières réponses en attendant l’aide de la communauté internationale. « La première réaction des pays touchés par les catastrophes naturelles consiste à demander l’aide de la communauté internationale. S’ensuivent généralement des rencontres de bailleurs qui promettent beaucoup d’argent. Dans le cas d’Haïti on avait promis 11 milliards de dollars pour la reconstruction postséisme. La plupart du temps, ces fonds ne sont pas décaissés. De plus, les pays touchés ne sont pas en mesure d’apporter les premières réponses », déplore-t-il.

Peterson Noël assure que la priorité de Jovenel Moïse, c’est de s’accorder avec les autres chefs d’État de la région afin de concevoir un plan d’assurance convenable. « Ce qui permettra à un pays affecté de trouver un fonds assez conséquent afin que les premières réponses pour la reconstruction proviennent de l’intérieur et non de l’extérieur », avance-t-il.

Dans la foulée, l’ambassadeur Noël a fait savoir qu’il existe déjà un mécanisme de fonds à l’intérieur de la Caricom pour faire face aux désastres. Cependant, nuance-t-il, ce fonds n’est pas capitalisé actuellement. « Le président Jovenel Moïse veut s’assurer que ce fonds soit augmenté », indique-t-il.

Il existe, à l’intérieur de la Caricom, une instance qui se charge d’apporter des réponses en cas de catastrophes naturelles dénommée CEDEMA (en anglais : Caribbean disaster emergency management agency). Peterson Noel a indiqué que le président Moise souhaite accorder plus d’attention à cette instance également. « Les discussions ont été déjà entamées avec le secrétariat de la Caricom afin de renforcer financièrement et techniquement cette structure régionale », a-t-il fait savoir.

Que peut bénéficier Haiti de la présidence de Jovenel Moise à la Caricom ?

À la question de savoir quelles seront les retombées pour Haïti en ce qui concerne la présidence de Jovenel Moïse à la Caricom, Peterson Noël répond que cela donne d’abord une certaine visibilité au pays. « Les 26 et 27 février prochains, le pays accueillera les chefs d’État et de gouvernement de la Caricom. Jovenel Moïse présidera cette réunion. Durant ces 6 mois, Haiti dirigera également le Comité des ambassadeurs de la Caricom et le Conseil des ministres des affaires étrangères », explique-t-il.

De plus, souligne M. Noël, la Caricom est une zone d’intégration économique. « En ce sens, pendant les 6 mois, on fera en sorte que nos entrepreneurs et la société civile comprennent davantage ce qu’est la Caricom pour en profiter. C’est une zone économique. On a la possibilité de vendre, d’acheter ou encore de réduire notre dépendance commerciale vis-à-vis de certains partenaires traditionnels », a-t-il fait savoir.

Le mandat du président de la Caricom est de 6 mois. Pour faciliter une bonne rotation de cette fonction, l’on procède par ordre alphabétique, révèle l’ambassadeur. « Avant Haïti, la présidence était assurée par la Grenade. Après Haïti, elle sera assurée par la Jamaïque. Le bureau de la conférence est constitué du président sortant, de l’actuel président et du prochain. Pendant les 6 mois, ces 3 chefs d’État se consultent afin de gérer les questions d’intérêt régional », détaille-t-il.

Jean Daniel Sénat source le nouvelliste