Culture

  • Livres en folie 2020 : l’édition virtuelle comme solution… , Culture, FOJEDH, FOJEDH

    La 26e édition de Livres en folie, « essentiellement virtuelle » à cause des consignes sanitaires pour contenir la propagation de la Covid-19, est lancée. 942 titres, 21 auteurs, autour de l’invitée d’honneur Evelyne Trouillot, seront en dédicace, a annoncé le directeur général du journal Le Nouvelliste, Max E. Chauvet, en conférence de presse, à la salle Franck de l’hôtel Montana, jeudi 4 juin 2020.

    Le directeur du plus ancien quotidien francophone de la Caraïbe, conscient que la réalisation de cette 26e édition « est un défi à relever en ces temps difficiles », a salué avec entrain et reconnaissance le partenaire de toujours, la Unibank, et les sponsors comme le ministère de la Culture et de la Communication, le ministère de l’Education nationale, la Brasserie de la Couronne, la BRH, la Fokal, le Conatel,  la Digicel et la BID…, restés sur le pont du navire à mener à bon port avec l’objet livre à partager avec le public dans le combat de la culture à répandre.

    Comme un pied de nez, un acte de résistance à la Covid-19 à travers la lecture, chacun trouvera les titres désirés sur  le www.livresenfolie.com. Le site peut être accessible via un lien sur le www.lenouvelliste.com, le site d’informations le plus visité en Haïti et le www.unibankhaiti.com, celui de la première banque commerciale du pays.

    « Le processus pour l’acquisition en ligne n’est pas compliqué », a assuré Max E. Chauvet qui a sorti l’argument financier, l’une des clés du succès de la plus grande foire du livre de la région.  

    Le rabais de 40 % sur tous les titres est assuré ainsi que le bonus de 10 % aux usagers de la Unicarte. Sans discriminations, les usagers de toutes les autres cartes de crédit, Visa ou Masterscard, pourront faire leurs acquisitions. La carte Unibank Tout Kote, utilisée par plus de 400 000 clients, peut aussi être utilisée. Les comptes d’épargne ou courant hébergés à la Unibank peuvent être débités par les acheteurs. « La Unibank a mis toutes ses capacités technologiques au service de l’évènement », a indiqué le vice-président de la banque 5 étoiles, Guy Supplice, tablant sur une fièvre pour acheter les titres disponibles.

    Anaïse Chavenet, Pdg de Communication Plus et de Nouveautés Plus, en charge du conditionnement et de la livraison pour cette édition « 100 % virtuelle », a étalé les options offertes aux lecteurs. Ils pourront choisir au moment de placer commandes sur le site www.livresenfolie.com plusieurs options. La livraison à domicile est disponible pour les résidents de Pétion-Ville, haut de Delmas, Turgeau, Bourdon, Pacot en échange d’un frais de 300 gourdes. Il y a l’option Pick Up, à Communication Plus et la livraison des commandes dans 12 succursales de la Unibank à travers le pays. Pour ne pas exposer les mains qui travaillent au conditionnement des commandes, il est décidé que les livraisons s’effectueront à partir du 22 juin, a indiqué Anaïse Chavenet qui table sur une explosion des commandes en ligne, loin des 200 à 250, la moyenne des commandes des précédentes éditions, quand la communion le jour de la fête Dieu était encore possible, sans risque.

    Pour Emmelie Prophète Milcé, directrice du Bureau haïtien des droits d’auteur (BHDA) qui, à côté du site griyo.net mettra en ligne des titres, des classiques disponibles pour lecture, la 26e édition « peut être emblématiques ». « Elle sera forcément une belle édition », gage-t-elle, même sevrée des retrouvailles, des étreintes amicales qu’offre la grande messe du livre.

    Le ministre de la Culture et de la Communication, Pradel Henriquez, a fait l’éloge du livre, du travail de l’invitée d’honneur, Evelyne Trouillot, et de tous ceux qui œuvrent à la transmission de la culture. Livres en folie, à sa 26e édition, a donné plateforme à tout ça. Le ministère de la Culture, partenaire de la foire, travaille en ce sens. Le ministre Henriquez a exprimé son respect pour le travail de tous les acteurs de cette industrie. Grâce au numérique qui ouvre le champ des possibilités, l’objet livre pourra être accessible. «Un bon livre oxygène l’esprit », a indiqué Pradel Henriquez, citant Dany Laferrière pour situer les enjeux.

    Pour cette édition résistance, le 26e, les lecteurs pourront faire leurs choix du 8 au 14 juin 2020… Seulement en ligne.

    Roberson Alphonse, le Nouvelliste

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  • « Lekòl Pam » une nouvelle plateforme pédagogique … , Culture, FOJEDH, FOJEDH

    À un moment où les portes des établissements scolaires en Haïti sont fermées pour éviter la propagation du Corovirus (covid-19), des acteurs du secteur public et du secteur tentent de proposer des moyens pour faciliter l’apprentissage des élèves à travers le numérique. C’est un sens que le réalisateur Luc Segur, principal responsable de l’entreprise « Segurimage », présente « Lekòl Pam », une nouvelle application mobile adressée aux écoliers haïtiens qui sont actuellement obligés de rester chez à la maison durant la crise.

    Pour le moment, seulement les élèves de la neuvième année fondamentale et de la terminale sont en mesure de suivre des cours sur la plateforme, laquelle peut être téléchargée à partir de Play Store. Cet outil pédagogique contient des cours, de nombreuses vidéos instructives. Les modules suivent les programmes établis par le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) et sont élaborés par des enseignants qualifiés et expérimentés, explique Luc Segur, qui travaille avec son équipe sur la mise en place des programmes de formation pour les autres niveaux d’études classiques.

    Désormais, où qu’ils soient sur le territoire, les écoles, avec des téléphones intelligents, peuvent accéder aux modules de formation de la plateforme occuper leur esprits quand ils sont contraint de rester chez eux dans les périodes de crise comme celle provoquée par le coronavirus, ou dans les périodes de turbulence souvent enregistrées dans le pays.

    Selon l’instigateur du projet, l’idée consiste à favoriser l’accès à l’éducation de qualité à tous, en facilitant l’apprentissage des écoliers haïtiens peu importe leur provenance socio-économique et géographique. « Cette application novatrice permettra aux écoliers d’échapper aux arrêts de travail posés par les manifestations de rues, aux insatisfactions enseignantes et surtout aux incompétences de certains enseignants », soutient Luc Segur qui rassure disposer d’une équipe de techniciens compétents travaillant pour l’amélioration au jour le jour l’application pédagogique.

    Worlgenson Noël
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  • La COVID-19, un nouveau défi pour les institutions , Culture, FOJEDH, FOJEDH

    Si le gouvernement et les acteurs du secteur éducatif haïtien parlent de virage vers le numérique pour tenter de continuer l’éducation des écoliers en cette période de la Covid-19, au plus bas de l’échelle, les institutions culturelles n’arrivent toujours pas à générer des contenus, et engager un public sur les réseaux sociaux.

    1.1 Missions des institutions culturelles et TICs

    1.1.1 MUPANAH

    Le décret portant sur la création du MUPANAH le 20 octobre 1982 a clairement mentionné les véritables missions de l’institution qui sont celles de perpétuer et de diffuser le souvenir des ancêtres fondateurs de la nation, de formuler, en conformité aux objectifs retenus par les pouvoirs publics, la politique générale pour l’implantation et l’administration des musées historiques, artistiques et culturels à travers les régions et les collectivités locales du pays, ainsi que de participer à la conservation du patrimoine et à la diffusion de la culture nationale.

    Si ce qui est dit dans ce décret est très clair, il faut bien signaler que ces missions restent dans la lignée de la trilogie classique des institutions muséales de la fin du 19e et du 20e siècle qui ont pour objectifs la conservation, la valorisation et la transmission.

    En ce qui concerne le numérique, le Musée du Panthéon National Haïtien est l’une des institutions qui réunissent le plus de membres en termes de communauté virtuelle. Il est suivi par près de 13k abonnés sur Facebook, 10K sur Twitter, et près de 6K sur Instagram. Malheureusement, le musée n’exploite pas cette manne. Il ne génère aucun contenu intéressant et cela même avant la crise sanitaire Covid-19. Malgré ces chiffres, l’institution est de plus en plus absente sur les réseaux sociaux. Le musée devrait pourtant profiter de cette période pour s’adresser à son public, ne serait-ce que pour créer du lien, sujet important dans ce temps marqué par une absence de contacts sociaux et un appel des autorités à la distanciation sociale.

    Pourquoi ne pas profiter de ce temps pour changer l’image de cette institution qui s’enracine dans la paresse et la bourgeoisie, et qui n’arrive toujours pas à être au niveau de l’importance de sa mission ?

    1.1.2 ISPAN

    Pour comprendre le fonctionnement de l’Institut du sauvegarde du patrimoine national, il faut remonter à ses origines, et aux premières actions de Albert Mangonès. Cet architecte avait le désir de renforcer l’identité culturelle haïtienne en s’appuyant sur les valeurs de l’histoire nationale et ses monuments, qui sont les témoins de la force des ancêtres.

    Rappelons également que L’ISPAN a été créé par décret gouvernemental le 28 mars 1979.

     Il a pour missions:

    1- Identifier et inventorier les monuments et les sites historiques

    2- Classer les monuments et sites historiques sur la liste de patrimoine national

    3- Sauvegarder le patrimoine national

    4- Conserver, restaurer et mettre en valeur le patrimoine

    L’Institut du Sauvegarde du Patrimoine National publiait récemment un bulletin de recherche dénommé bulletin de l’ISPAN. Après une longue pause, l’institution a tenté de reprendre cette publication, mais malheureusement, l’aventure s’est à nouveau arrêtée après une dernière publication en hommage à A. Mangonès.

    L’ISPAN possède un potentiel numérique important, son public virtuel est composé de 5K d’abonnés sur Facebook et de 448 sur Twitter. Cependant, il ne génère que très peu de contenu sur ces réseaux. Par ailleurs, l’institution se fait souvent critiquer quand ses abonnés voient l’état accablant des monuments et des sites historiques. Cette période de Covid-19 pourrait être un moment idéal de redorer son blason et de se rapprocher de son public.

    Cette période apparaît toutefois comme très particulière, certains utilisent les noms de nos héros et nos valeurs nationales pour déverser leur haine en toute impunité sur Twitter.  Est-ce que c’est lié à l’ISPAN?

    1.1.3 BNH

    Placée sous la tutelle du ministère de la Culture, la Bibliothèque nationale d’Haïti a pour mission d’assurer la conservation et la sauvegarde de notre riche patrimoine littéraire et documentaire haïtien. Celle-ci se repose sur deux axes fondamentaux que sont : la collecte du patrimoine littéraire et la diffusion de l’éventail littéraire national.

    L’UNESCO, l’ICOM ainsi que d’autres acteurs internationaux du secteur de la culture invitent les institutions culturelles et mémorielles comme les archives nationales, les musées et les bibliothèques nationales à transformer la menace actuelle du COVID-19 en une opportunité pour un plus grand soutien au patrimoine documentaire[5].

    C’est une invitation qui implique que les institutions puissent collecter et documenter la situation, et assurer la transmission à la prochaine génération de manière à ce que cette dernière puisse comprendre quels ont été les enjeux majeurs auxquels faisait face notre génération actuelle et quels en ont été leurs impacts.

    La BNH faisait la fierté des jeunes lycéens et autres élèves de Port-au-Prince.

    Aujourd’hui, elle est presque obsolète. Les activités pouvant aider à la compréhension du patrimoine littéraire et documentaire haïtien n’existent presque plus. L’institution a de plus une piètre présence sur les réseaux sociaux. Elle compte près de 900 abonnés sur Facebook, 389 sur Twitter et 333 sur Instagram.

    Dans un article publié en date du 27 mars 2018 par le journal #LoopHaïti, il est fait mention d’une petite note publiée sur Facebook par Limond Toussaint (ministre de la Culture d’alors) au moment où la BNH célèbre ses 78 ans d’existence [6].

    Concernant cette institution, la question est de savoir ; comment peut-on traiter une structure comme la BNH de cette manière ?

    En somme, la Bibliothèque nationale reste très loin de ses missions et de ses attributions.

    De plus, elle n’arrive toujours pas à comprendre la dynamique de cette génération chez qui le numérique et les réseaux sociaux occupent une place prépondérante. Sommes-nous en face de dirigeants amateurs ou des boomers égoïstes qui ne veulent pas innover ?

      

    1.1.4 BNE

    L’auteure Rachelle Charlier-Doucet, dans le texte “Anthropologie, politique et engagement social”, nous explique clairement que pour comprendre l’histoire du Bureau d’ethnologie et son poids idéologique dans le panorama intellectuel haïtien, il faut remonter à partir de la période de l’occupation américaine de 1915[7].

    Ce bureau a été créé par un décret-loi en date du 31 octobre 1941 et constitue un Organisme de recherche scientifique et culturelle, qui doit divulguer et sauvegarder le patrimoine haïtien. Sa mission se repose sur deux axes principaux que sont l’ethnographie et de l’archéologie[8].

    Le BNE a 5 grands objectifs à charges: 1- Inventorier, classer et conserver les pièces ethnographiques et archéologiques 2- Développer l’enseignement de l’ethnologie 3- Organiser les collections de l’organisme

    4- Investiguer et protéger les sites archéologiques 5- Publier les travaux de recherche[9].

    Le Bureau National d’Ethnologie compte près de 6K abonnés sur Facebook, 985 sur Twitter et 856 sur Instagram.

    On peut se poser des questions sur ce que devient cette institution depuis un moment et son implication. Il faut rappeler que cette institution a pour vocation de faire des recherches et de les partager au public. Depuis l’annonce du gouvernement, à l’image des autres, le BNE n’a malheureusement pas fait grand-chose. Ils ont seulement publié sur Facebook quelques photos témoignant l’engagement du DG avec son équipe afin de sensibiliser les gens sur le coronavirus.

    Dans un direct (live) à la date du 30 mars 2020, le DG disait s’adresser à tout le monde, mais en fait c’était surtout ses fans et les vodouisants (c’est quoi un vodouisant?).

    La velléité du DG de réduire une institution publique à un ou des secteurs précis relève de la naïveté et de l’incompréhension la plus abjecte. Sommes-nous en face d’une institution nationale réduite à un simple artiste et un groupe d’individus particuliers ?

     Analyse et résultats

    Les institutions culturelles sont présentes sur la plupart des réseaux sociaux, mais elles sont loin d’être actives. L’écosystème virtuel facilite pourtant les institutions culturelles à se médier et à attirer l’attention d’un nouveau public.

    Nos institutions ne prennent toujours pas cette dimension en compte et ne semblent pas vouloir s’aligner aux innovations technologiques.

    Déjà qu’elles sont peu présentes sur les réseaux et qu’elles ne partagent pas de contenu, ne parlons même pas de leurqualité…
    Est-ce l’une des raisons qui explique leur petite quantité d’abonnés ? Ont-elles des gens formés en la matière ? Qu’est-ce qui explique leur absence des plateformes YouTube ou Instagram?

    Il ne suffit pas seulement de créer un compte, il faut l’alimenter. En effet, il est important de pouvoir générer et publier des contenus qualitatifs au public.

    Institutions/Dernières publications

    MUPANAH

    ISPAN

    BNH

    BNE

    Facebook

    8 avril 2020( photos de la visite du Ministre de la Culture)

    2 avril 2020(notes de fermeture du Parc national historique -CSSR)

    3 février 2020 (photo

    30 mars 2020 (Direct ou live)

    Twitter

    21 mars 2018 (Extrait de spectacle “Village Congo” à la Célébration de la Journée Internationale de la Francophonie)

    8 avril 2020 (retweet avec commentaire)

    5 décembre 2018 (invitation à une conférence)

    10 mai 2019 (invitation à une exposition)

    Instagram

    2 octobre 2018 (teaser de 30 secondes sur l’horaire du musée)

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    3 août 2018 (affiche animation pour enfants)

    0 publication

    YouTube

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    Réalisé par Stanley Louis, 2020

    Aucune de ces institutions n’a de compte YouTube. Qu’est-ce qui empêche à ce point les institutions de générer du contenu? Ont-elles des difficultés financières qui les empêchent d’embaucher des community managers? Pourquoi les institutions ne prennent aucune initiative numérique afin de valoriser le patrimoine national ? Qu’est-ce qui explique que nos institutions culturelles ne possèdent pas de site internet où l’on peut trouver des informations ? Nous attendons des réponses.

    On observe que les réseaux sociaux sont totalement négligés au chapitre de l’utilisation du numérique, pour la mise en valeur du patrimoine culturel Haïtien. Pourquoi ? Les études ont montré qu’avec cette génération de TIC et de numérique, ne pas communiquer est synonyme d’inaction, d’immobilisme[10].

    En guise de conclusion

    La présence des institutions culturelles et mémorielles d’Haïti sur les réseaux sociaux révèle que ses institutions n’arrivent toujours pas à faire le virage numérique que prônent les dirigeants. Ce qui confirme en partie que les institutions culturelles ne comprennent pas l’importance des TIC . Elles ne comprennent pas non plus qu’elles sont en face d’une génération pour laquelle le numérique et les TIC occupent une place prépondérante. En ce moment, et plus particulièrement dans cette période de trouble sanitaire, générer des contenus tout en ayant la capacité d’en faire écho en ligne est le saint Graal pour tous, peu importe la génération d’ailleurs. Rappelons à ces institutions que la communication virtuelle des informations au temps du Covid-19 n’est pas contagieuse.

    Haïti semble rester à côté de la plaque. Pourtant, nous disposons de ressources suffisantes qui peuvent aider à générer des contenus et ainsi créer une visibilité autour de nos patrimoines et nos sites historiques.

    Cela aura sans doute des retombées pour le pays en matière touristique. Il faut aussi penser à l’après-Covid-19.

    Donc, à ce moment précis, nous préconisons à nos institutions d’emboîter le pas et de se mettre au diapason de l’ère des Technologies de l’Information et de la Communication et du numérique.

    A l’heure où nous pouvons communiquer à l’autre bout du monde en un minimum de temps et avec une facilité déconcertante, pourquoi ne pas commencer par communiquer à nos jeunes générations ?

    La culture ne doit pas être mise de côté mais devenir une force. C’est cette force qui nous permettra de tenir en ces temps compliqués, c’est aussi de cette force dont nous avons besoin pour construire un avenir meilleur.

    Utilisons ce temps qui nous est donné pour changer les choses.

    Le monde bouge, Haïti doit bouger aussi, sinon il vaut mieux laisser la place aux gens compétents et à la génération qui veut aller de l’avant !

    À bon entendeur, demi-mot suffit!

    Les images insérées dans le texte sont des captures d’écran en date du 14 avril 2020.

    Auteur: Stanley LOUIS, spécialiste en Patrimoines, musées & multimédias (Formation: Université de Poitiers;  France)
                 Twitter: @iam_stanlouis

    [1] Survey on the impact of the COVID-19 situation on museums in Europe

    [2]https://www.culture.gouv.fr/Culturecheznous

    [3] Haïti – FLASH : Le Président Moïse déclare l’état l’urgence sanitaire (texte de l’Arrêté)

    [4] Les musées confrontés aux défis du COVID-19 restent engagés auprès des communautés

    [5]https://en.unesco.org/news/turning-threat-covid-19-opportunity-greater-support-documentary-heritage?fbclid=IwAR2p5EuA_n3_lSyNavPWmZn0vsQ1ycU3nOGwnu_419Tr5fd0GBgMS7-fkr4

    [6]https://www.loophaiti.com/content/78-ans-pour-la-bibliotheque-nationale-dhaiti-0

    [7] Rachelle Charlier-Doucet, « Anthropologie, politique et engagement social », Gradhiva [Online], 1 | 2005, Online since 10 December 2008, connection on 16 April 2020. URL : http://journals.openedition.org/gradhiva/313  ; DOI :https://doi.org/10.4000/gradhiva.313

    [8] ibid

    [9] ibid

    [10] Rizza, C. (2006). La fracture numérique, paradoxe de la génération Internet. Hermès, La Revue, 45(2), 25-32.https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-2006-2-page-25.htm

    Stanley Louis, spécialiste en patrimoine

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  • Carnaval 2020 dans l’impasse : Des stands incendiés… , Culture, FOJEDH, FOJEDH

    Plusieurs stands érigés sur le champs-de-mars ont été incendiés lundi soir par des citoyens en colère, parmi eux des policiers dégoûtés par le comportement de la hiérarchie de leur institution qui refusent de leur accorder le droit de se syndiquer.

    Les agents, qui ont organisé une marche dans les rues de la capitale durant la journée revendiquent également de meilleures conditions de travail et la professionnalisation de la PNH, qui compte actuellement dans son sein des personnes n’ayant rien à voir avec l’institution.

    Ces policiers avaient auparavant prévenu qu’ils boycotteraient la tenue des festivités carnavalesques s’ils n’arrivent pas à trouver une réponse à leurs requêtes.

    Des tirs nourris ont été aussi entendus dans le périmètre du champs-de-mars où se trouve le siège de la Présidence.

    Le carnaval 2020 « Pote Kole pou Ayiti dekole » se tiendra du 23 au 25 février prochain, en dépit des appels répétés des Port-au-Princiens vivant un véritable calvaire avec une brusque remontée des cas de kidnapping et de l’insécurité générale.

    De plus, la mort d’une quinzaine de jeunes orphelins à Fermathe est venue endeuiller un peu plus un pays qui ne cesse de compter des morts à cause de l’insécurité routière, les affrontements entre gangs armés et la répression gouvernementale.

    rezonodwes.com

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  • Cap-Haïtien accueillera le Carnaval National 2020 , Culture, FOJEDH, FOJEDH

    Le Carnaval National aura lieu cette année dans la ville du Cap-Haïtien dans le Nord d’Haïti, du 23 au 25 février prochain. Ce choix s’articule autour de la commémoration des 200 ans de la mort du Roi Henry 1er, selon le Ministre démissionnaire de la Culture et de la Communication, Jean Michel Lapin.

    C’est dans la deuxième ville du pays, Cap-Haïtien, dans le Nord d’Haïti, que le carnaval national aura lieu cette année. Les festivités auront lieu du 23 au 25 février 2020.

    C’est le premier ministre démissionnaire, qui fait aussi office de ministre de la culture et de la communication, Jean Michel Lapin, qui en a fait l’annonce officielle ce mardi 7 janvier 2020, au micro d’un reporteur de Vant Bèf Info (VBI).

     

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  • La crise haïtienne et ses incidences certaines sur les fêtes… , Culture, FOJEDH, FOJEDH

    Quand l’instabilité politique règne dans un pays, tous les autres secteurs ne sont pas épargnés. Les opérateurs culturels plongent dans une inquiétude sans borne car les fêtes de fin d’année sont incertaines.

    Alors qu’une crise perdure, les autorités haïtiennes peinent encore à faire montre d’une certaine lucidité pour enfin tirer la bonne conclusion.

    Cette crise qui sévit dans le pays inquiète tout le monde puisque depuis environ deux (2) mois des barricades sont dressées dans tous les recoins du pays. Des manifestations organisées un peu partout à travers le pays réclamant la démission du Président Jovenel Moïse.

    Les victimes collatérales sont nombreuses. En principe, sur une année civile le secteur culturel haïtien peut se pencher sur trois (3) grandes périodes pour entamer toute une série d’activités: le carnaval, la période estivale et surtout les fêtes de fin d’année. Ces périodes sont des moments clés pour les grandes activités culturelles en Haïti.

    Cette année, on se le rappelle bien, le carnaval national a été annulé en raison des troubles politiques, une décision qui n’a pas fait l’unanimité chez les musiciens. Si certains groupes musicaux parvenaient malgré eux à maintenir en demie teinte leurs tournées estivales, d’autres ont dû tout carrément annuler les leurs.
    Même s’ils sont nombreux les groupes musicaux qui résident en terre étrangère, les groupes locaux comme Kreyol La, Mass Compas, K-Niway ou encore Djakout  n’ont pas fait bonne recette.

    À environ un mois du début des fêtes de fin d’année, les promoteurs ne savent à quel saint se vouer. Oseront-ils organiser des grandes soirées à des prix exorbitants ? Est que ce que les mélomanes seront en mesure de payer les prix faramineux des billets? Est ce que les groupes qui résident à l’étranger comme Klass, Nu Look, Zenglen, Vayb, Kaï, entre autres, braveront ce danger sous peine de se faire victime? La police nationale, est elle en mesure de garantir la sécurité des gens après chaque bal? Les sponsors, pourront-ils continuer à supporter les promoteurs afin de réaliser leurs bals? Ce sont des questions pertinentes qui donnent du grain à moudre aux opérateurs culturels.

    Des musiciens qui sont eux aussi des pères de famille espèrent comme tous les autres pères de famille qu’une solution soit trouvée dans un délai record pour pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles.

    N’en parlons pas de la Noël qui est une fête chrétienne et païenne, mais la crise que connaît le pays risque d’éclipser cette fête que tout monde adore depuis l’enfance.

    N’en déplaise à plus d’un, mais nous sommes sur le point de connaître une période inédite dans l’histoire de la musique haïtienne. Nous risquons de ne pas pouvoir assister à un bal traditionnel cet hiver.

    Définitivement les jeunes n’ont plus de loisirs dans ce pays qui est malade jusqu’aux os. Pouvons-nous toujours penser à un changement radical qui favoriserait le secteur culturel? Depuis des lustres nous restons sur notre soif, or la situation se déprave.
     

    Me Richarson Bigot, Av. source Adduction MEDIA

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  • Le Kolektif Atis Angaje (KATAN) pour un départ immédiat… , Culture, FOJEDH, FOJEDH

    « Toute œuvre culturelle a une orientation politique. Ce qui signifie que les artistes ont une fonction politique importante dans la société. Nous, nous exigeons le départ rapidement de l’inculpé Jovenel Moise avant qu’il ne soit trop tard », lit-on dans une note du collectif d’artistes haïtiens engagés.

    Ce collectif d’artistes haïtiens engagés (environ une vingtaine de signataires) se positionnant sur la conjoncture actuelle explique l’orientation politique des œuvres culturelles soit dans le travail des artistes contribuant à fournir  des productions culturelles pour le pouvoir en place soit dans le fait de dénoncer les injustices et inégalités maquillées par les autorités en place.

    Ce regroupement d’artistes composés dont le comédien Jacques Adler Jean-Pierre, du Chanteur Guerchang Bastia et de Kébert Bastien a énuméré environ sept (7) raisons pour lesquelles Jovenel Moise devrait se retirer du pouvoir.

    L’implication du Président dans la dilapidation des fonds Petrocaribe selon la Cour des Comptes, le mensonge, les massacres dans nombreux endroits dans le pays, les conditions matérielles d’existence du peuple haïtien qui se dégradent, la mobilisation populaire sont autant de faits motivant la position des artistes du KATAN (Kolektif Atis Angaje).

    Les artistes engagés du KATAN plaident pour l’établissement d’un autre système après le départ de Jovenel Moise.

    Cette note du KATAN survient 48 heures après qu’un autre regroupement d’artistes avait revendiqué être du côté du peuple haïtien dans les rues réclamant un autre système.

    Godson LUBRUN source HPN

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  • Youssoupha au Parc Historique, un véritable triomphe , Culture, FOJEDH, FOJEDH

    Ce 5 juillet, au Parc historique, l’histoire d’amour à distance entretenue depuis quelque 15 ans entre le public haïtien et le rappeur Youssoupha s’est cristallisée en un moment où rien n’a été laissé de côté. Eh oui ! À ce concert des 5 ans d’Ayibopost, la star du rap français et ses guest stars locales nous ont bien gâtés. Retour sur le premier mégashow de cet été.

    Ayibopost confirme à l’occasion de ses 5 ans qu’il décide vraiment de faire autrement, même dans l’offre du divertissement en Haïti. À part la longue attente avant le début du concert, peu de chose était à déplorer au Parc le jour J. Pour un spectacle avec comme seul sponsor le public, le média en ligne a prouvé qu’il ne suffit pas d’ être plein aux as pour faire grand.

    C’est notre K-Lib bleu et rouge qui ouvre le bal. L’artiste, tout énergique, accompagné de ses deux partenaires de scène, revisite son répertoire que le public connaît bien. La consécration était sur plusieurs titres, notamment sur son méga hit « Boutèy anlè ».

    Pour Akoustik, lè sa bon di li bon. La bande à Joël Pierrevil et Elder Joseph n’a pas joué aux amuse-gueules ce vendredi au Parc historique. L’exploration de son jeune répertoire suivie d’un medley de ses coups de cœur reggae a été un très bon moment. Leur reprise brièvement de « Marijuana m nan solèy », un classique des années 2000, n’a pas du tout laissé le public indifférent.

    Le célèbre parolier BIC, lui aussi, nous a gratifiés d’un grand spectacle dans le spectacle. Côté musique, il nous a gâtés avec ses essentiels en live dont « Mèsi manman » et « Yon ti kalkil ». Il a confié sa passion pour Youssoupha qui est à quelques égards son pendant dans une autre sphère.

    La star internationale s’est amenée sur la scène en arborant un jersey des Grenadiers et empoigant notre bicolore. C’est la consécration du début à la fin. Youssoupha s’est donné entièrement. Il a pris la tangente par rapport à certaines stars internationales qui traversent l’océan juste pour servir 2 ou 3 titres de leur répertoire la plupart du temps pour un magot. La star d’ origine congolaise, elle, est généreuse. Il nous a fait danser sur « Dreaming », « M’en aller », « Par amour »… tout un chapelet de tubes. Il a rendu hommage à Kerry James et a déclaré son amour pour le hit « Se pa pou dat » de notre Alan Cavé national, comme il l’avait fait il y a quelque temps sur les réseaux sociaux.

    Il n’a pas versé non plus dans des discours tout faits, sans affect. Parmi ses confidences il y a son désir de visiter Haïti depuis ses débuts. Il a demandé  au public de l’aider à faire de ce concert le plus beau de ses 50 dernières  années ! Et Le Cher Public ne s’est point fait prier durant tout le show. Presqu’à chaque phrase des chansons, il a précédé l’artiste. Il a même suivi l’artiste dans sa loge à sa sortie de scène. 

    Youssoupha et le public haïtien se sont séparé sur une note plus que positive, c’est-à-dire celle de la satisfaction mutuelle d’avoir célébré un moment longtemps chéri. Un moment qui restera dans nos souvenirs longtemps encore.. 

    Chancy Victorin source Ticket Magazine

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  • « Le papillon rose » de Shadrack Desroches , Culture, FOJEDH, FOJEDH

    « Le papillon rose » est l’œuvre de Shadrack Desroches. Ce petit bouquin, illustré par PAGL, fait partie de la collection « Livrets  Méthodistes». Il est composé d’images, de couleurs et d’écrits. Dans ce livre, l’auteur raconte l’amour d’un enfant pour un papillon rose.  Cet enfant, appelé André, capte une chenille dans une grande forêt d’Haïti et l’amène chez lui. Cette chenille va se transformer en papillon rose.
     Les papillons, avant d’avoir des ailes, apparaissent sous la forme de larves, appelées chenilles, qui ont un corps allongé, parfois  lisse ou d’autres fois velu. La chenille passe tout son temps à manger surtout des feuilles d’arbres et d’arbustes, pour se faire des réserves de nourriture. Elles ne mangent que des feuilles et sont donc herbivores. 
    André ne cacha pas à ses amis cet exploit qu’il a réalisé en amenant à son domicile un papillon rose. Toute l’école était au courant.

    Pour devenir des « papillons adultes », la chenille s’entoure du cocon, une enveloppe formée par un long fil de soie. À l’intérieur de ce cocon va se produire la métaphore, c’est-à-dire le changement de forme de la chenille vers une chrysalide puis en un papillon. Ainsi l’insecte se transforme en papillon rose. 
    André était content, mais sa joie était de courte durée. Le papillon rose s’échappe de la cage où il l’avait mis. Il prend son envol et se sauve. Un jour, il va même faire partie de la collection de papillon rose du président. Le papillon rose d’André s’est posé sur l’épaule du président alors qu’il prononçait un discours en plein air. Le président ordonna alors qu’on l’apprivoise. Son goût pour la garde du papillon rose le pousse à faire passer un communiqué pour trouver d’autres papillons roses, mais surtout des papillons de couleur rose et blanc.
    Le chagrin d’André était profond. Il était inconsolable. Ayant appris que le président a son protégé, il l’écrivit une lettre pour lui demander de le lui rendre. André veut récupérer son papillon rose. Quelle détermination ! 
    Le président a reçu la lettre d’André et lui a fait la réponse. Il lui dit que c’était bon signe qu’un papillon rose soit venu sur son épaule. « Ça allait porter chance au gouvernement  ». 
    Le Papillon rose, un livre amusant et éducatif pour les jeunes lecteurs. Il sera en signature à la 25e édition de Livres en folie le 20 juin prochain au parc Unibank, Tabarre.
    Shadrack Desroches, le Papillon rose, collection « Livrets  Méthodistes », 22 pages. 

    Daniel Jeanty,  Le Nouvelliste

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  • Des écrivains haïtiens demandent la démission de Jovenel Moïse , Culture, FOJEDH, FOJEDH

    Plus d’une vingtaine d’écrivains et d’écrivaines plaident pour la réalisation du procès PetroCaribe. Ils font le constat des maux et des manquements qui rongent notre pays. Le tableau de nos malheurs qu’ils brossent est des plus sombres. Ils se disent favorables à la démission de Jovenel Moïse, déjà lâché par des secteurs vitaux de la société et dont la rue exige sans cesse le départ depuis dimanche. Port-au-Prince Post publie, ci-après, in extenso, leur lettre ouverte.

    LETTRE OUVERTE DES ECRIVAINES ET ECRIVAINS HAÏTIENS A LA NATION

    Citoyennes, Citoyens, 

    Nous ne sommes pas d’accord avec la façon dont nous sommes gouvernés. De cela nous sommes tous convaincus aujourd’hui. Ce consensus puissant est porteur d’une vague qui s’est amorcée il y a quelques mois et qui ne s’arrêtera pas. Le spectacle dégradant que le Président de la République, le gouvernement et la majorité parlementaire donnent à la Nation et au monde est honteux. Nous vivons en direct la déroute d’un gouvernement dépassé, juste préoccupé à sauver ses privilèges et son butin mal acquis sur le dos de la Nation. 

    Nous sommes indignés. Mais c’est signe que nous sommes vivants et pugnaces. Cette descente aux enfers de la nation est la conséquence d’un système social basé sur l’exclusion et un trop-plein d’inégalités se traduisant en politique par une succession de régimes ou de tentatives autoritaires, loin de tous principes d’équité et de justice sociale. Nous n’en voulons plus.

    Nous saluons le courage des hommes et des femmes de ce pays, des jeunes en particulier qui refusant par milliers de baisser les bras, se battent contre l’obscurité qui veut nous recouvrir. Et la rue rebelle, incandescente, imprévisible, déverse sporadiquement ses coulées de rage et de frustration légitime à travers les villes. Criant : Nous n’en pouvons plus d’avoir faim. Nous n’en pouvons plus de souffrir de la négation de nos besoins élémentaires pendant qu’on nous dépouille. 

    Dans la vie de chaque peuple viennent ces moments où il doit engager son histoire et son destin. Il est venu le temps du changement. Nous unissons nos voix à celles qui demandent la démission du président de la République. Mais disons-le d’emblée, haut et clair, aucune transformation durable de notre société ne se fera sans que soient pris en compte les valeurs et les principes qui seuls peuvent assurer l’avènement d’une société plus juste, solidaire et fraternelle. 
    Aucune construction démocratique n’est possible en Haïti sans la réduction des inégalités, sans une nouvelle éthique et des moyens pour soutenir le service public dans la valorisation du bien commun. Aider à construire cette démocratie mais surtout croire que c’est une construction possible, tel est notre combat. Pour l’heure, il nous incombe de prendre les décisions qui s’imposent sans perdre davantage de temps, et dans l’union.

    L’union fait la force. Construisons-là cette union. Prenons au mot les propositions de nos représentants économiques et sociaux, religieux, communautaires, associatifs. Construisons un gouvernement d’unité nationale. Construisons une stratégie prioritaire de redressement de l’État de droit. Cela fait des lustres que nous  parlons de conférence nationale, d’états généraux. Mais rien de cela ne sera possible s’il n’y a pas de confiance autour de la table. Ayons le courage de dire tout haut là où le bât blesse. La méfiance, les jalousies, les rivalités, le marronnage, les soifs matérielles nous divisent et nous paralysent surtout. Construisons la confiance et la tolérance pour avancer  vers des solutions qui nous ressemblent et nous rassemblent. 

    Le premier acte susceptible de restaurer la confiance est la tenue légitime du procès PetroCaribe. Une étape essentielle dans notre processus de transformation. Petrocaribe sera le procès de nos douleurs que nous n’avons pas pu évacuer ensemble après le 12 janvier 2010. Ce sera le procès de tous les génocides éparpillés dans notre histoire, ces morts qui attendent que nous les libérions de notre mémoire endormie. Le procès Petrocaribe sera surtout l’occasion pour chaque haïtienne et chaque haïtien de s’interroger sur le rapport que nous entretenons avec le bien public, ce qui appartient à tous et est bon pour tous.  
    Et puis, préparons-nous à voter quand le temps viendra. Préparons-nous à voter dès aujourd’hui mais sur la base de politiques, de stratégies et de programmes d’intérêt national et local à l’édification desquels nous aurons contribué individuellement et collectivement, en particulier dans le cadre de nos organisations institutionnelles, professionnelles et communautaires.

    Le mot qui sauve aujourd’hui est ensemble. Nos jeunes l’ont compris. Le mot de la survie est relation. Relation entre les générations. Relation entre les quartiers. Relation entre les groupes sectoriels, sociaux et professionnels. Que les filles et les femmes d’Haïti continuent leurs avancées vers les territoires sociaux et politiques comme ces femmes au Soudan au cœur de la révolte contre un régime décrié. Ensemble sans fausse pudeur. Dépouillés de nos egos trop lourds pour nos vies.  Relation avec nos sœurs et frères haïtiens de la diaspora qui souffrent avec nous, qui veulent participer avec nous au grand chantier de reconstruction de notre société. Nous n’avons plus beaucoup de temps. Il n’est plus question de s’adapter vaille que vaille à un système qui ne fonctionne plus. Plus question de se taire et de faire semblant que les choses vont changer comme si cela allait de soi.

    Citoyennes et citoyens, 

    Nous écrivaines et écrivains Haïtiens voulons continuer d’être utiles à la nation en  maintenant vive la parole qui  alerte, questionne, critique et suscite la conscience critique. Nous voulons d’un État de droit pouvant nous garantir un vrai procès Petrocaribe historique. Nous voulons de vrais projets sociaux en faveur des populations vulnérables. Nous voulons des politiques publiques cohérentes favorisant la production nationale, l’investissement, l’éducation pour tous, les libertés individuelles, la liberté d’expression, la culture… Nous invitons chacun à jouer son rôle citoyen et à travailler à l’avènement de l’Haïti que nous voulons. 

    Coutechève Lavoie Aupont
    Guy Régis Jr.
    James Noël
    Néhémy Pierre Dahomey
    Marie Andrée Etienne
    Frankétienne
    Evelyne Trouillot
    Jean D’Amérique
    Lyonel Trouillot
    Dieulermesson Petit-Frère
    Barbara Prezeau Stefenson
    Gary Klang
    Kettly Mars
    Jacques Adler Jean Pierre
    André Fouad
    Yanick Lahens
    Gary Victor
    Béo Monteau 
    Jean-Robert Léonidas
    Verly Dabel
    Mirline Pierre
    Elsie Suréna
    Anthony Phelps
    Mehdi Chalmers
    Guy Gérald Ménard
    Eddy Toussaint Tontongi
    Faubert Bolivar
    Makenzy Orcel
    Stephane Martelly

    Source Port-au-Prince Post 

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