Education

  • Le ministre de l’éducation dénonce la politisation de l’école Le ministre de l'éducation dénonce la politisation de l'école

    Le ministre de l’éducation nationale, Pierre Josué Agénor Cadet, appelle à une dépolitisation de l’école. Lors de la cérémonie de lancement de l’année scolaire 2019-2020 à l’école nationale de Frères, ce lundi 9 septembre 2019, M. Cadet a insisté sur la nécessité pour les acteurs politiques et les hauts fonctionnaires de dépolitiser l’école.

    Il dénonce notamment les créations d’écoles et les nominations d’enseignants par des parlementaires. L’école est pris en otage par des membres de la classe politique et des parlementaires, s’insurge le ministre de l’éducation.

    Alors qu’il doit prochainement quitter ses fonctions M. Cadet assure avoir obtenu le meilleur bilan de ces 10 dernières années. En dépit des difficultés économiques et de la crise politique M. Cadet insiste sur la nécessité de s’assurer du bon fonctionnement du système éducatif.

    Il soutient qu’il a été confronté à un système gangréné par la corruption expliquant avoir nommé plus de 9 000 enseignants afin de corriger les dérives des parlementaires dans le secteur éducatif. En dépit de tout il y a des revendications pour la nomination des professeurs dans les salles de classes.

    Le système éducatif qui compte 240 lycées et 2 800 écoles fondamentale peut fonctionner avec 28 000 enseignants, indique M. Agénor révélant qu’il y a plus de 35 000 enseignants.

    LLM / radio Métropole Haïti

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  • Des enseignants du secteur public manifestent dans les rues Des enseignants du secteur public manifestent dans les rues

    Plusieurs dizaines d’enseignants membres des associations syndicales ont investi les rues à Port-au-Prince et dans diverses villes de provinces, lundi, à l’occasion de la rentrée scolaire, a constaté Haïti Press Network.

    « Les enseignants ne vont plus travailler pour treize mille gourdes de salaire mensuel.  Il faut une seule école pour tous », lit-on sur les pancartes brandies par les protestataires qui ont parcouru plusieurs rues de la capitale ce lundi matin.

    Les protestataires ont critiqué le comportement du ministre de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) démissionnaire qui, durant son passage au ministère, n’a pas aidé à l’amélioration des conditions de vies des enseignants.

    D’un autre côté, les protestataires exigent une meilleure gestion du Fonds National de l’Education (FNE). « Le FNE ne passera pas comme les Fonds Petrocaribe », s’insurgent les enseignants protestataires.

    Ce mouvement de protestation a été lancé par les organisations syndicales telles la CNEH, la FENATEC, l’UNNOEH et l’UNNOH.

    Programmée pour ce 9 septembre 2019, la rentrée des classes a été un échec total dans divers établissements visités dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Quelques élèves en nombre insignifiants ont été remarqués dans certaines salles de classe de quelques établissements mais les enseignants ont brillé par leur absence. 

    GL – HPN

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  • MENFP dénonce la maison d’éditions Henri Deschamps… MENFP dénonce la maison d'éditions Henri Deschamps...

    Le ministre démissionnaire de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), Pierre Josué Agénor Cadet a dénoncé, mercredi, la maison d’éditions Henri Deschamps de vouloir monopoliser le marché en ce qui concerne la subvention des manuels scolaires.

    Alors que la rentrée des classes 2019-2020 est à environ quatre jours, nul parent ne sait encore où aller pour trouver les manuels subventionnés habituellement par l’État.

    Aucun contrat n’est encore signé entre l’État et la maison Henri Deschamps, selon le directeur général de cette maison d’éditions, Peter Frisch qui se plaint du retard de l’État. Toutefois, ce dernier informe avoir reçu le 29 août dernier une lettre du MENFP mentionnant seulement 16 titres subventionnés cette année.

    Selon le responsable de la maison Henri Deschamps qui se plaint de cette quantité jugée peu, les parents ne pourront se procurer de leur liste, que très peu des livres que les écoles demandent dans les sacs des enfants.

    Côté parents, les grognes ne manquent pas quant à ce grand retard accumulé dans la subvention de manuels scolaires. Pourtant, reprochent-ils,  le ministère de l’Éducation nationale demande à travers un spot radiodiffusé, à ce que la rentrée soit effective le lundi 9 septembre per fas et nefas, tel qu’il est prévu dans le calendrier scolaire.

    Interrogé principalement sur cette question de subvention par radio Caraïbes, le ministre Pierre Josué Agénor Cadet a accusé la maison Henri Deschamps de jouer un jeu de coquin depuis l’année dernière.

    D’après le ministre, toutes les autres éditions ont déjà signé le contrat, alors que la maison Deschamps qui malheureusement, déplore-t-il, a doublé les prix des manuels cette année, refuse de signer son contrat, rien que de vouloir empocher tous les fonds disponibles à cette fin.

    « La maison Henri Deschamps qui a déjà signé avec le MENFP pour plusieurs lots d’ouvrages qui vont être distribués en dotation, n’a pas dit la maladie qu’elle souffre. Deschamps fait des manœuvres pratiquement chaque année pour essayer d’empocher tout l’argent disponible dans cette affaire de subvention. Ces méchants de ce pays ne veulent que monopoliser le marché. La nation doit le savoir », a dénoncé le ministre Cadet qui paraissait très en colère.

    À rappeler qu’en juillet dernier, lors d’une rencontre avec la presse à Delmas 83, le ministre Cadet avait informé de la disposition d’une enveloppe de 700 millions de gourdes pour la subvention de manuels scolaires. Une somme que beaucoup de personnes avaient jugé peu par rapport à la quantité de parents à moyens faibles qui auraient besoin de cette subvention.

    Alix Laroche Source HPN

    alix.l@hpnhaiti.com

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  • 76 ex-prostituées changent de vie 76 ex-prostituées changent de vie

    A l’initiative de l’Association « Fanm Kore Fanm », une organisation à but non lucratif, 76 femmes de catégories d’âges différentes, ont décroché ce vendredi leur diplôme d’études professionnelles. La cérémonie s’est déroulée dans un hôtel à Pétion-Ville. Composées en majeure partie d’anciennes travailleuses de sexe, ces femmes viennent de boucler une formation de deux (2) ans basée sur les disciplines comme la cosmétologie, la couture, la pâtisserie et la cuisine.

    La cérémonie de graduation de la première cohorte de ces jeunes femmes professionnelles s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités politiques.

    Invitée à prendre la parole en la circonstance, la Sénatrice du Nord Dieudonne Luma Étienne a félicité les récipiendaires pour avoir appris durant deux années, des disciplines comme l’art culinaire, la cosmétologie, la couture pour ne citer que celles-là.

    Selon Dieudonne Luma Etienne « l’acquisition de ces nouvelles connaissances est non seulement une arme redoutable dans le combat qu’elles auront à mener au quotidien pour affronter avec dignité les défis de la vie, mais également celui pour l’émancipation de la femme haïtienne. »

    L’ancienne Première Dame de la République, Sofia Saint-Rémy Martelly, marraine de la promotion, dans son intervention, a mis l’emphase sur l’inclusion sociale des femmes haïtiennes. La responsable de la Fondation Rose et Blanc se dit être engagée aux côtés de l’Association Fanm Kore Fanm (AFKF) à accompagner les nouvelles graduées dans le processus de leur autonomisation.

    Ce programme de réinsertion sociale des femmes marginalisées et des ex-professionnelles du sexe a été initié, il y a de cela deux ans par le Centre Professionnel Fanm Kore Fanmi, l’Association Fanm Kore Fanm en partenariat avec Opération Underground Railroad.

    Vant Bèf Info (VBI)

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  • Des directeurs d’écoles auditionnés au parquet de P-au-P… Des directeurs d’écoles auditionnés au parquet de P-au-P...

    Audition de plusieurs directeurs d’écoles, ce vendredi 23 août, par le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me. Paul Eronce Villard, sur l’augmentation abusive des frais scolaires. Cependant, rien n’est sorti sur une possible réduction des frais scolaires au niveau des écoles privées.

    Le commissaire du gouvernement de port-au-Prince, Me. Paul Eronce Villard a auditionné, ce vendredi 23 août, des directeurs d’écoles suite à des plaintes déposées autour de l’augmentation abusive des frais scolaires en violation à la loi *Bastien » sur les frais scolaires.

    Des écoles, entre autres, l’Institution Académie Chrétienne, les Institutions Fille de Marie, Saint Louis de Gonzague, Mère de Bourdon, Sainte Trinité ont répondu à l’invitation.

    Le collège BIRD qui n’a pas répondu à l’invitation et devrait y répondre le jeudi 29 août prochain, selon le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince. Il annonce une prochaine séance d’audition pour le vendredi 30 août concernant des nouvelles plaintes enregistrées.

    Paul Eronce Villard s’est réjoui suite à des ententes trouvées pour la réintégration de plusieurs élèves exclus abusivement dans ces écolés à cause des altercations entre des parents et des directeurs d’écoles sur l’augmentation abusive des frais scolaires.

    Me Villard demande au Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle d’asumer pleinement ses responsabilités afin de faire appliquer la loi sur les frais scolaires.

    Vant Bef Info (VBI)

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  • Examens d’État : résultats du bac traditionnel, 40% … Examens d’État : résultats du bac traditionnel, 40% ...

    Le ministère de l’Éducation nationale de la Formation professionnelle (MENFP) a, dans un communiqué rendu public en date du jeudi 22 août 2019, informé de la publication des résultats des examens du bac traditionnel pour l’Ouest, le Sud-est, le Centre et les Nippes.

    D’après le communiqué, suivant les données communiquées par le Bureau national des examens d’Etat (BUNEXE), le taux de réussite pour le département de l’Ouest est de 40,19 %, soit 11 186 candidats admis sur  27 830 participants. 12 063 candidats sont ajournés. 

    Pour le Sud-est, sur 2 463 participants, 1 017 candidats sont admis, soit un taux de réussite de 41, 29 %. 1 186 candidats sont ajournés.

    En ce qui concerne le Centre, le taux de réussite est de 57, 58 %, soit 2 379 candidats admis sur 4 132 participants. 1 706 candidats sont ajournés. 

    Pour les Nippes, sur 731 candidats, 401 sont admis, soit un taux de réussite de 54, 86 %. 298 candidats sont ajournés.

    Les responsables d’établissements scolaires sont invités à retirer le palmarès de leur école à la Direction départementale d’éducation (DDE) de leur zone respective.

    Les résultats des autres départements seront communiqués incessamment.

    AL source HPN

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  • Réussir par l’éducation financière, c’est possible Réussir par l’éducation financière, c’est possible

    Maîtriser des notions d’éducation financière dès son plus jeune âge permet de développer de saines habitudes en matière de consommation. Un groupe de jeunes participant à un programme de Mentoring ont été sensibilisés autour de la question lors d’une séance organisée le samedi 3 août 2019.

    Ils étaient plusieurs dizaines de jeunes à avoir pris part à la deuxième séance du programme de Mentoring « Frère Serge Larose » organisé dans les locaux de l’institution Saint Louis de Gonzague à Delmas.

    Après l’économiste Pierre Marie Boisson qui, pour la première séance (le samedi 27 juillet), avait partagé son expérience au sein de la Sogesol insi que l’histoire et le parcours de cette entreprise, c’est Nonais Dérisier de la KOTELAM qui intervenait ce samedi 3 août.

    Son exposé était basé sur les valeurs de l’éducation financière que l’entreprise inculque aux jeunes à travers le programme de la « Caisse scolaire ».

    Il s’agit, a-t-il fait savoir, d’une reproduction ou simulation de la caisse populaire dans un établissement scolaire. 

    Les élèves de chaque classe travaillent ensemble sur un projet commun et économisent tout au long de l’année scolaire, de manière à pouvoir financer sa réalisation.

    Le programme met à leur disposition des cadres de la caisse populaire qui forment les jeunes participants en élaboration et en gestion de projet. Ils sont aussi initiés à la question du budget.

    S’ils apprennent tôt à économiser, devenus adultes, ils seront des consommateurs plus responsables et raisonnables, a dit M. Dérisier

    Ce programme aide aussi les jeunes à développer le sens du leadership, les initie au mouvement coopérative et leur permet de développer de saines habitudes financières, précise-t-il.

    Le programme de Mentoring « Serge Larose » est mis en œuvre par la fondation STO et le projet baptisé « Inisyativ 5×4.

    Vant Bef Info (VBI)

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  • Rupture: 54 584 élèves au nouveau baccalauréat… Rupture: 54 584 élèves au nouveau baccalauréat...

    Dans ce pays connu pour sa grande résistance au changement, le baccalauréat unique et la généralisation graduelle et encadrée des programmes du nouveau secondaire, filière d’enseignement général, démontrent que les réformes indispensables sont toujours possibles et qu’il est aussi temps de lancer le baccalauréat professionnel, comme prévu.

    En effet, 4 ans après la mesure prise en 2015, ils seront 54 584 élèves haïtiens à passer cette année la première grande épreuve nationale du nouveau secondaire, où la littérature haïtienne d’expression créole, l’éducation à la citoyenneté, l’économie entre autres… côtoient désormais la littérature française au secondaire. Beaucoup reste à faire, surtout en l’absence de la Commission nationale de réforme curriculaire (CNRC) dont les travaux ne se sont pas poursuivis, mais c’est la première grande étape précédant le lancement des travaux pour la finalisation des documents des autres filières donnant accès par exemple à un baccalauréat professionnel en passant notamment par les lycées techniques. Toutefois ce nouveau curriculum, qui mérite des adaptations constantes et des moyens bien plus importants, ambitionne de réduire l’échec scolaire, de conduire à apprendre autrement, à l’ère du numérique et de mieux préparer aux nouveaux métiers et enjeux contemporains. En dépit de l’absence d’un financement dédié et dans un pays en crise occasionnant une année scolaire avec peu d’apprentissage réel, cette première cohorte du secondaire passera les épreuves du bac unique. Bref, en 2021, les classes traditionnelles de « rhéto » et de « philo » auront totalement disparu, laissant la place au secondaire 3 (il y a eu des examens anticipés de français pour les élèves du secondaire 3 cette année) et 4, sans oublier la nécessaire réduction de 13 à 12 années de scolarité.

    La fin du vieux baccalauréat français en Haïti

    C’est tout un pan de la cathédrale de l’école française du XIIIe siècle exportée dans toutes les colonies incluant Haïti qui est en train de s’effondrer. Une grande rupture avec les classes traditionnelles de « rhétorique » et de « philosophie » du secondaire, véritables survivances de cette école française des XVIIIe et XIXe siècles, où les arts oratoires, la littérature, la philosophie, la culture  grecques, latines  et françaises jouaient un rôle fondamental. En France, dès 1880, les lois de Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique,  trace les voies de la nouvelle école française, cette fois  laïque et républicaine, mettant fin au plan d’études «Ratio studiorum» des jésuites ainsi qu’à ceux des collèges « oratoriens » qui priorisaient le latin. Ce n’était pas sans résistance car, 50 ans plus tard soit en 1939, on ne comptait qu’environ 9 000 bacheliers reçus dans un pays de 42 millions d’habitants.  Professeurs et parents sont restés longtemps farouchement opposés à une école de la promotion du plus grand nombre,  pour ne pas noyer la distinction que confère à leurs enfants jadis le latin et bien plus tard la maîtrise du français, bref, le titre de bachelier. D’ailleurs, l’introduction des sections modernes à côté des humanités en 1902 était dénoncée comme des « vulgarités » par les puristes ; ne parlons pas des filières techniques. 

    Une histoire aujourd’hui bien lointaine, car cette école qui ne laissait réussir que moins de 5% des élèves avant Jules Ferry dans les années 1880 voit 90% des bacheliers réussir ces dernières années, même si des ajustements se poursuivent sans cesse, et aujourd’hui encore avec la réforme du baccalauréat allégé de l’actuel ministre français Jean-Michel Blanquer. Partout, ce vieil examen du secondaire est en train de subir des modifications profondes. Le Costa Rica va encore plus loin en annonçant l’élimination de son baccalauréat en 2020 qui sera remplacé par d’autres types d’épreuves pour mieux tenir compte des nouveaux défis de cette génération.

    Les 12 mesures de 2014 dans le sillon de la réforme Bernard

    En Haïti, les responsables publics, renforcés par les religieux français arrivés à travers le concordat de Damien de 1860, ont maintenu quasiment intacts l’état d’esprit de ce baccalauréat, en dépit des réformes de l’école en France. Même en supprimant le grec et  le latin et en intégrant quelques  nouvelles matières scientifiques, la classe de rhétorique est demeurée dans son essence « l’art de bien parler le français» à côté des mathématiques, physique, chimie, sciences naturelles, et la classe de philosophie « l’art de bien penser en français», mais en réalité accessibles à très peu.

    Il a fallu attendre le projet du ministre haïtien Joseph C. Bernard, au début des années 1980, pour  remettre en question véritablement l’esprit de cette école élitiste qui a façonné le système éducatif et auquel certains s’accrochent encore. Tout comme Jules Ferry avait fini par imposer un siècle plustôt que la prédominance de la langue française dans l’enseignement,  le ministre haïtien de l’Éducation Joseph C. Bernard a initié sa propre réforme, un siècle après, en 1982 en  introduisant le créole comme langue d’enseignement et langue d’apprentissage.  Il avait même tenté, sans succès, de supprimer l’ancien certificat d’études primaires français, arguant pour un nouveau socle de compétences obligatoires de 9 années de scolarité et proposé un secondaire à la fois  littéraire et professionnel.

    30 ans plus tard, la société haïtienne n’a pas bougé, tandis que moins de 7% des élèves inscrits en maternelle parviennent et réussissent cette fameuse classe de philosophie. Alors que la planète pratique une épreuve unique de fin d’études secondaires, avec plus ou moins des variantes d’examens anticipés et continus,  l’élimination des examens officiels et du diplôme d’État dans la classe de rhétorique parait  aux yeux de certains un sacrilège aux lois impitoyables du tri élitiste, lequel tri repose uniquement sur le filtre peu fiable que sont en général ces fameux examens d’État.  À ce sujet, il  est intéressant de constater à quel point d’excellents rappeurs, slameurs haïtiens maîtrisent l’art du discours, c’est-à-dire l’esprit des mots, la persuasion, l’éloquence, la dialectique et l’esprit critique en créole, certaines fois en anglais aussi, alors qu’ils ne réussiront jamais à passer l’examen de baccalauréat traditionnel sans une certaine maîtrise du français.

    Apprendre autrement à l’ère du numérique et des nouveaux métiers

    Aussi, il était temps, à travers ces 12 mesures,  de bousculer ce vieux système qui perpétue l’échec scolaire en commençant par le projet de généralisation du curriculum du préscolaire et l’évaluation diagnostique des apprentissages en créole, français, math, dès le 4e année fondamentale afin de repérer, plus tôt, les difficultés d’apprentissage et mettre en place les dispositifs pédagogiques les plus appropriés. Le Pacte national pour une éducation de qualité, non honoré jusqu’à présent, visait un investissement additionnel qualitatif pour la formation et le développement professionnel des enseignants et pour que nos élèves disposent très tôt de l’environnement adéquat leur permettant d’être réellement acteurs dans leur apprentissage, contrastant avec le « parcoeurisme » de l’élève passif.

    Quant au nouveau curriculum du secondaire rénové,  il est perfectible, mais ces nouvelles matières s’avèrent déjà plus adaptées aux défis actuels de la société haïtienne. Le MENFP gagnerait à mobiliser les écoles qui ont déjà pris une longueur d’avance dans cette rupture pour appuyer celles encore en difficulté dans cette transformation, avec aussi le support des Universités publiques en région et des partenaires universitaires disponibles.  L’autre défi consiste à décloisonner ces matières, notamment au moment de la formation des enseignants,  afin que ces élèves, peu importe les séries choisies, soient mieux préparées à exercer les métiers actuels et à participer aux solutions des problèmes complexes du pays. En tout état de cause, il est inacceptable que les moins de 10% qui réussissent au baccalauréat traditionnel après 13 ans de scolarité n’aient véritablement aucun diplôme conduisant à un métier et soient obligés de poursuivre à l’université, sans toutefois être bien préparés à réussir. Ces nouveaux bacheliers devraient avoir, une plus grande maîtrise des enjeux de citoyenneté responsable, une meilleure appréciation de la réalité du marché du travail, une plus grande culture numérique, sans oublier une plus grande opportunité de maitriser les deux langues officielles (créole, français).

    Toutefois, il est important que le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle avance avec l’agenda technologique, les lycées 2.0, les bibliothèques traditionnelles et numériques, facilitant sur son site ou des sites partenaires la mise à disposition de livres numériques et autres supports (video) gratuits pour enseignants et élèves. L’appui de l’AFD disponible en ce sens peut encore être optimisé. Par ailleurs, pour accompagner ces transformations, il est vivement indiqué que l’Office national du partenariat en éducation (ONAPE), l’Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (IGAENF), la Commission nationale de réforme curriculaire (CNRC), tous mis en place dans le cadre de l’application des 12 mesures, jouent pleinement leur rôle.

    Pour l’instant, il ne reste qu’à souhaiter bonne chance à tous nos bacheliers après un parcours de combattant, avec un regard spécial sur les 54 584 du nouveau secondaire. Mon souhait est qu’ils réussissent mieux que les générations précédentes, à la fois aux examens, mais aussi dans leur vie professionnelle. Pari en cours pour la première partie du secondaire rénové, maintenant place au baccalauréat professionnel. Plus de prétexte après finalement le vote récent de la loi sur la formation technique et professionnelle. En avançant dans ces réformes,  il deviendra donc possible après douze ans de scolarité que certaines épreuves du nouveau baccalauréat permettent à des élèves, selon leur choix, de décrocher un diplôme dans les métiers utiles comme par exemple l’agrobusiness, les métiers de la mer, l’hôtellerie et la restauration,  les arts de la scène, le numérique, etc. Ils pourront toujours décider de poursuivre un parcours universitaire, par la suite.

    Le baccalauréat haïtien doit cesser d’être uniquement le couronnement social de la scolarité du secondaire pour devenir une voie d’accès à la vie active pour les jeunes, tout en préparant ceux qui le souhaitent à accéder et réussir au niveau de l’enseignement supérieur.  En plein milieu de cette grave crise économique que connaît Haïti, il y a urgence à combattre la crise de l’apprentissage, l’échec scolaire et le gaspillage des talents afin de gagner la bataille du capital humain et des emplois-jeunes. « Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d’un pas ferme » nous apprenait saint Thomas d’Aquin.

    source Le Nouvelliste

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  • Seule une nouvelle école changera le « système » Seule une nouvelle école changera le « système »

    Plusieurs études ont montré que l’école et la salle de classe étaient des espaces de construction des inégalités sociales, donc de reproduction du « système » et des institutions qui conditionnent les rapports socio-économiques. En Haïti, si le lycée national de la Saline ainsi que le lycée Jacques Roumain de Grand-Ravine, ont fait la UNE pendant cette année scolaire, ils sont bien l’arbre qui cache la grande forêt des inégalités entretenues par le système éducatif. A l’image des pays en guerre, l’année scolaire a démarré et se termine en catastrophe. Certaines écoles ont dû précipitamment clore l’année scolaire sans les rituels programmés.

    La plupart des écoles publiques qui ont les plus subis de l’instabilité politique verront leurs élèves être évalués, notés à coup de millions de dollars et leur échec attendu aux examens officiels constituera une étape de plus dans le tri et l’exclusion de la grande majorité. 2018-2019 aura été une fois de plus une année scolaire avec beaucoup de jours de classe sans cours, ou avec des cours sans apprentissage réel ou encore des cours sans apprentissage adapté, selon les écoles. Une fois de plus, l’école élitiste où moins de 10% des jeunes scolarisés achèvent le bac s’installe confortablement. A cela il faut ajouter la réalité d’une éducation qui déforme depuis le préscolaire avec ses “gradués” et qui continue durant tout le cycle d’être une grande fabrique de reproduction des injustices sociales. Un école qui tarde à devenir pour ses très rares diplômés un lieu de formation à la démocratie, à la citoyenneté et à la réussite collective.

    Bâtir de nouvelles fondations citoyennes dès le préscolaire    

    Le grand gâchis du préscolaire devrait préoccuper plus d’un dans ce contexte. Pour différentes raisons, le MENFP tarde encore à généraliser le curriculum du préscolaire de 2015, conçu pour promouvoir très tôt des valeurs d’équité, de solidarité, de respect des droits et des devoirs inhérents à une société démocratique. Les défis actuels, les «compétences de base» se sont élargis et incluent des «aptitudes démocratiques de base», permettant de préparer les enfants  à mieux exercer leur rôle de futurs citoyens dans la cité.

    Aussi, les délais observés au niveau de l’élaboration d’un plan de formation pour les enseignants du préscolaire et la diffusion du contenu du curriculum, constituent de sérieux handicaps. Entretemps des enfants mal encadrés à cet âge sont exposés aux premières souffrances liées aux apprentissages scolaires, en expérimentant la sélection, la sanction, l’échec, l’exclusion et souvent l’assujettissement à un adulte non formé.

    Avec des maitres mal formés, mal encadrés et sans permis d’enseigner, n’importe qui se retrouve dans une salle de classe avec la lourde responsabilité d’encadrer la construction de la personnalité et le comportement social de ces futurs citoyens de la république. Il est clair que ceci pose aussi et surtout la question de l’augmentation de l’offre publique d’éducation au niveau du préscolaire, décision déjà contenue dans le pacte national d’éducation de qualité.

    Dépasser les limites de l’école traditionnelle qui handicapent l’apprentissage

    Aujourd’hui, une majorité d’élèves voit de moins en moins le mérite de l’école traditionnelle où des maitres distribuent des connaissances dépassés, font des examens qui ne servent à rien d’autre qu’à réussir à l’école. Avec la télévision, Internet, les téléphones intelligents, les tablettes qui font une compétition aux enseignants non préparés, l’école haïtienne traditionnelle devient de plus en plus une contrainte ennuyeuse et inutile imposée par des adultes, eux-mêmes dépassés. Les jeunes apprennent donc de plus en plus les vraies compétences pour la vie en dehors des salles de classe. Beaucoup de diplômés du bac sont  incapables de rédiger une phrase simple en créole ou en français parce que les 13 ans n’ont servi que pour évaluer le niveau en orthographe et en grammaire, mais pas pour apprendre à communiquer des idées sur leur vécu au quotidien.

    Au delà des déterminants psychologiques, pédagogiques et sociaux de l’échec scolaire en Haïti, les méthodes traditionnelles, du « par cœur », des tableaux remplis de formules ont du mal à faire découvrir aux élèves le plaisir d’apprendre et de comprendre. Le virage vers le numérique aurait pu aider, mais se trouve confronté à des difficultés de formation des maitres, d’infrastructures (Energie, Laboratoire). En dépit de la disponibilité de tableaux numériques pour tous les lycées de la république et le début de leur installation en 2015, les apprentissages ne se sont pas améliorés. Toutefois, il y a lieu de mentionner certaines avancées car les élèves des classes d’examens officiels (9e année fondamentale, Secondaire 4/Philo) peuvent disposer depuis 2015 de ressources accessibles en ligne sur internet et hors ligne pour réviser. Mais, justement, ces efforts ne doivent pas occulter le grand écart entre les élèves fréquentant les écoles publiques ou privées, rurales ou urbaines.

    Enseigner et faire vivre la  réussite collective  

    Dans un autre registre, l’école haïtienne ne saurait se donner comme principal objectif d’apprentissage la réussite individuelle.  En classant les élèves uniquement du numéro 1 au dernier après les examens et en stigmatisant les derniers de la classe, l’école crée une culture de compétition malsaine qui tôt ou tard explose au regard des intérêts divergents et contradictoires. Cette compétition se retrouve aujourd’hui bien installée dans les tous les compartiments de la société haïtienne et rend difficile les compromis avec ces mentalités. Or dans ce monde complexe, la première compétence que doit donner l’école est d’apprendre à gérer les contradictions.

    A ce sujet, certaines matières du nouveau secondaire, tels l’éducation physique et sportive, l’éducation artistique et esthétique n’ont pas pour vocation uniquement de transmettre des savoirs, mais des savoirs susceptibles de réunir les jeunes haïtiens autour de défis communs au delà de leurs différences  sociales, religieuses et autres afin de promouvoir la mixité sociale. C’était déjà le sens de la campagne d’éducation civique « Nou Tout Sanble ».

    Finalement, quand un pays est plongé dans la misère, la précarité le chômage, il devient évident que les instincts individualistes, claniques prennent le dessus sur l’intérêt général et celui du pays. Pire, quand les institutions de la république, l’exécutif, le législatif, le judiciaire fonctionnent mal, les rapports sociaux en sont affectés. Plus que jamais, pour répéter Philippe Meirieu,  c’est, “L’école ou la guerre civile”. C’est donc la mission de cette nouvelle école de qualité pour tous de changer graduellement les mentalités, les rapport sociaux et incidemment les institutions la république.

    Pour cela, il faudra honorer le pacte national pour une éducation de qualité avec ses 7 engagements notamment, doubler le financement de l’éducation, bousculer les réformes touchant le curriculum, le développement professionnel des enseignants, la formation technique et professionnelle. Entretemps, il faudra aussi miser sur l’intelligence collective des acteurs clés qui doivent dans cette conjoncture s’accorder sur certaines réformes politiques, économiques et sociales urgentes. Bref, un nouvel appel pour la tenue de « l’assemblée générale des gouverneurs de la rosée » de Jacques Roumain en ces temps de grande confusion.

    source Le Nouvelliste

    Continue reading → Plusieurs études ont montré que l’école et la salle de classe étaient des espaces de construction des inégalités sociales, donc de reproduction du « système » et des institutions qui conditionnent les rapports socio-économiques. En Haïti, si le lycée national de la Saline ainsi que le lycée Jacques Roumain de Grand-Ravine, ont fait la UNE ...
  • L’opposition politique rejette l’appel à la trêve du MENFP L’opposition politique rejette l’appel à la trêve du MENFP

    La branche radicale de l’opposition qui réclame la démission du Président de la République Jovenel Moïse a rejeté l’appel du ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle qui a sollicité une trêve afin de permettre aux élèves de boucler l’année scolaire.

    La branche radicale de l’opposition qui manifeste depuis plusieurs semaines pour exiger le départ du Chef de l’État Jovenel Moïse a rejeté l’appel à la trêve lancée par le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle et projette de manifester du dimanche 23 au mercredi 26 juin 2019.

    Cest ce lundi 24 juin que doivent débuter les examens officiels avec les épreuves de la 9ème année fondamentale.

    Le ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP), donne la garantie que toutes les dispositions ont été adoptées en vue de permettre le bon déroulement des examens officiels.

    Toutefois, le professeur Josué Mérilien, coordonateur de l’Union nationale de normaliens haïtiens (UNOH) et membre de la FOP (force de l’opposition progressiste) annonce 4 journées consécutives de manifestation à Port-au-Prince à partir de ce dimanche 23 juin.

    Il affirme que la réalisation des examens officiels dans ce contexte actuel de protestations est inopportune.

    Vant Bèf Info (VBI)

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