Faut-il s’inquiéter pour le Portugal ?

Faut-il s’inquiéter pour le Portugal ?

Vainqueur in extremis (2-1) de l’Egypte vendredi dernier, le Portugal est tombé de haut lundi soir en Suisse. La troupe de Fernando Santos, qui avait considérablement remanié son onze de départ, a été corrigée (0-3) par les Pays-Bas à Genève.

En juin prochain, en Russie, le Portugal devra se sortir d’une poule comprenant l’Iran, le Maroc et l’Espagne. A priori, la tâche qui revient aux champions d’Europe en titre n’est pas insurmontable, loin de là, mais la confirmation a été donnée lundi soir, à Genève, que Fernando Santos ne pouvait pas compter sur un groupe particulièrement étoffé. Autrement dit, en l’absence des titulaires habituels, le seul Cristiano Ronaldo ne pourra pas tout le temps faire gagner des matches à ses compatriotes. La preuve en a été fournie contre les Pays-Bas en amical, puisque les Oranje l’ont emporté (0-3) en terre suisse, alors que les Portugais présentaient un onze de départ amputé de neuf des joueurs qui avait débuté la rencontre contre l’Egypte trois jours plus tôt.

Malgré une nette domination territoriale, surtout durant le premier acte, les tombeurs de l’équipe de France en finale du dernier Euro n’ont pu que constater les dégâts, victimes de la vista et du réalisme adverses en contre. Ainsi, dès la 11e minute, le Lyonnais Anthony Lopes s’incline face à son partenaire d’entraînement Memphis Depay (0-1), alors que Kenny Tete ou Rolando sont également présents sur la pelouse pour représenter la Ligue 1, au même titre que l’arbitre Ruddy Buquet. Les Bataves, qui amorcent eux un nouveau cycle puisque écartés de la Coupe du monde, s’en donnent à cœur joie.

Un survivant de la dernière génération, Ryan Babel, fait le break (0-2, 32e), avant que le capitaine Virgil van Dijk ne fasse encore plus mal aux Portugais (0-3, 45+2). Il ne se passera plus grand-chose en deuxième période, exception faite de l’expulsion de Joao Cancelo (61e), qui n’arrangera évidemment pas les affaires de Cristiano Ronaldo et consorts, titulaire mais remplacé peu après l’heure de jeu par Joao Moutinho (68e). A moins de trois mois du Mondial, comment être rassuré par ces deux prestations consécutives des Lusitaniens, qui de surcroît ne semblent pas pouvoir compter sur des doublures capables de prendre efficacement le relais des titulaires ? Champion d’Europe contesté en 2016 (3 nuls en phase de poules, prolongation en huitièmes de finale face à la Croatie, tirs au but en quarts de finale contre la Pologne), le Portugal apparaît déjà très exposé à la critique. Mais n’était-ce pas déjà le cas il y a deux ans ?

Par Alban Lagoutte

Europe 1 Sports