Kenneth H. Merten : « Aux Etats-Unis nous allons aux …»

Kenneth H. Merten : « Aux Etats-Unis nous allons aux …»

Kenneth H Merten n’est jamais loin quand cela sent le roussi en Haïti. Pour ceux qui exigent le départ du président Jovenel Moïse, il a souligné que c’est aux élections que l’on choisit les leaders dans son pays, mis en avant le fait que la violence qui fait fuir les investissements, salué le bon travail de la PNH et exprimé son souhait que la lumière soit fait sur le dossier PetroCaribe – que des gens voudraient manipuler pour des raisons des politiques- se fasse de manière paisible et transparente.

L’ambassadeur Kenneth H Merten, sous-secrétaire d’Etat au Département d’Etat Américain, par rapport à la démission du président Jovenel Moïse exigé par une bonne partie de l’opposition, s’est référé à son pays pour indiquer que c’est dans le cadre d’élection que les leaders sont choisis. « Nous autres aux Etats-Unis, nous allons aux élections pour choisir nos leaders. En Haïti, j’ai l’impression que la majorité des gens aimeraient aller aux élections pour choisir, changer leurs leaders. Cela donne moins de travail à faire…La violence empêche l’accomplissement de bonne choses, de bonne chose comme l’investissement », a répondu Kenneth H Merten, interrogé par la Voix de l’Amérique, mercredi 21 novembre 2018.

« Comme tout le monde le sait, les Etats-Unis n’aiment pas les situations de violence, de dérapage. Si quelqu’un a un problème avec le gouvernement, c’est normal qu’il proteste, qu’il manifeste. Mais ce n’est pas bon que des gens attaquent de paisibles citoyens. Haïti a besoin d’investissement, Haïti a besoin d’investisseurs. Nous avons besoin de paix pour pouvoir continuer à faire des affaires avec le gouvernement haïtien, avec le peuple haïtien. Il y a des façons de faire entendre sa voix. Les gens veulent le changement mais nous savons tous que le changement s’opère lentement », a expliqué Kenneth H Merten.

Sur la détérioration de la situation au point que certains voient poindre le spectre d’une guerre civile en Haïti, le diplomate a indiqué qu’il n’a pas cette lecture. « Nous voyons pas la situation comme ça… Nous sommes d’accord : si les gens ne sont pas contents du fonctionnement de l’Etat, s’ils ont des problèmes avec le fonctionnement du gouvernement, c’est normal qu’ils gagnent les rues pour exprimer leurs frustrations. Mais cela devrait se faire sans violence, sans dérapage parce que finalement ce sera préjudiciable pour Haïti. Il faut que l’argent circule, qu’il y ait des investissements, que l’économie fleurisse pour que les gens trouvent des opportunités afin de gagner leurs vie », a indiqué M. Merten qui estime que « la police nationale d’Haïti a fait un bon travail » pendant les journées de protestations.

« C’est un travail très difficile. Mais nous autres, nous sommes vraiment satisfaits du travail fait par police nationale d’Haïti pour assurer un minimum de paix dans le pays. Vous savez, depuis le départ des troupes des Nations unies l’an passé, le travail de la sécurité a incombé à la police nationale. En temps de grève, de désordre, les policiers ont répondu », a soutenu l’ambassadeur Kenneth H Merten qui a été interrogé sur le dossier brulant d’importation illégale en provenance d’Haïti dont l’instruction a débouché jusqu’ici sur l’inculpation de l’ex-Dg de la PNH, Godson Orélus et de l’ancien ministre de l’intérieur Réginald Delva. « Nous ne sommes pas d’accord que des gens fassent entrer des armes en Haïti de n’importe quelle manière. Si cela se fait en Haïti, c’est une raison d’inquiétudes pour les Etats-Unis », a dit Kenneth Merten, soulignant qu’Haïti n’est pas le seul pays à avoir ce problème. Cela arrive aussi à la Jamaïque, a-t-il souligné, indiquant avoir parlé avec des beaucoup hommes d’Etat qui ont partagé leurs préoccupations face à cette situation d’importation illégales d’armes et de munitions.

Interrogé sur PetroCaribe, Kenneth H Merten a déclaré : « C’est de l’argent qui est entré au pays il y a longtemps de cela. Ce n’est ni sous le gouvernement de Martelly ni sous le gouvernement de Préval. Nous aimerions voir cette question réglée de façon transparente et paisible. C’est bon, c’est légitime que des gens s’interrogent sur cette question. Mais j’ai l’impression que des gens différents voudraient manipuler cette situation pour des raisons politiques ».

L’interview du diplomate américain intervient mercredi, au troisième jour de paralysie totale de la zone métropolitaine de Port-au-Prince et de certaines grandes villes du pays pour exiger le départ du président Jovenel Moïse et le jugement des dilapidateurs du fonds PetroCaribe dans lequel sont indexés aussi bien d’anciens ministres de l’administration de René Préval que de celle de Michel Martelly.

Roberson Alphonse source Le Nouvelliste