Le dossier PetroCaribe à la Cour Supérieure des Comptes

Le dossier PetroCaribe à la Cour Supérieure des Comptes

Alors que le président du Sénat avait mis la séance sur le rapport PetroCaribe en continuation pour le mardi 6 février après la séance du 31 janvier au 1er février qui a duré environ 14 heures, à la surprise générale, le Grand Corps, réuni en assemblée le jeudi 1er février, a pris une résolution qui confie le dossier à la Cour supérieure des comptes « pour les suites utiles ».

La résolution a été votée à l’unanimité « et nous étions 17 sénateurs à avoir pris part à la séance », a confié au Nouvelliste un sénateur du PHTK. Selon la résolution dont Le Nouvelliste a eu copie jeudi soir de la part du président du Sénat, Joseph Lambert, nous citons : « Considérant la nécessité de respecter le principe de la séparation des pouvoirs ainsi que les champs des compétences des institutions républicaines : l’Assemblée des sénateurs a proposé et voté la résolution suivante : Article 1 : L’Assemblée des sénateurs demande à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratifs d’effectuer une vérification, une analyse et un examen approfondis de la gestion des fonds PetroCaribe sur la période allant de septembre 2008 à septembre 2016, conformément à l’article 200 de la Constitution et au décret de novembre 2005 modifiant celui de novembre 1983. »

Enfin dans le quatrième article de la résolution, les pairs conscrits soulignent qu’une ampliation de la présente résolution sera transmise à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratifs pour les suites utiles.

« Nous avons décidé de renforcer les institutions républicaines. C’est la Cour supérieure des comptes qui a l’expertise pour analyser en toute impartialité la gestion des ordonnateurs de deniers publics », a soutenu la sénatrice Dieudonne Luma Etienne. Selon l’élue du PHTK, le parti au pouvoir, c’est une obligation pour elle d’aller travailler ce 1er février même si elle était fatiguée après la séance marathon d’environ 14 heures le même jour.

Aucun des quatre sénateurs de l’opposition ni ceux qui défendaient le rapport sur l’utilisation des fonds PetroCaribe n’ont pas vu venir ce coup. Les journalistes non plus, puisque la séance s’est tenue loin des micros de la presse.

Le sénateur Evalière Beauplan est tombé des nues. Il n’en revient pas. Deux chocs pour lui en une seule journée : la mort d’un proche et le vote en « catimini » de la résolution transférant le dossier PetroCaribe à la Cour supérieure des comptes. « Harold Elie, membre de la Cour supérieure des comptes est indexé dans le rapport de Latortue. Comment lui demander de travailler sur un dossier dans lequel il est impliqué ? », s’est demandé, perplexe, le parlementaire joint par téléphone jeudi soir.

« Une séance ne peut pas être introduite dans une séance », a-t-il dénoncé. Il a reconnu qu’il devait y avoir effectivement une séance au Sénat ce 1er février, mais a-t-il souligné, elle devait se tenir uniquement sur les collectivités. Le parlementaire a rappelé au président du Sénat qu’il devait tenir la séance sur le rapport PetroCaribe le mardi 6 février prochain comme c’était prévu.

Même s’il avait laissé la salle lors de la séance marathon du mercredi 31 janvier au jeudi 1er février, le sénateur Evalière Beauplan voulait être là pour continuer à défendre son rapport. Mais trop fatigué après la séance mise en continuation et en deuil après la perte d’un de ses proches, le parlementaire n’a pas pu participer à la séance.

Le sénateur Jean Mary Salomon n’est pas moins choqué par le vote de la résolution. « C’est une insulte à la démocratie ! C’est un complot contre le peuple haïtien. C’est une déclaration de guerre », a fulminé le sénateur Jean Mary Salomon, l’air désappointé, qui réagissait à chaud à l’annonce du vote de la résolution sur le rapport PetroCaribe. Sous le choc, le parlementaire du Sud souligne qu’il n’a jamais été question de tenir une séance sur le rapport PetroCaribe ce jeudi 1er février. Selon lui, il s’agit d’une mise séance en continuation, pas un simple point dans une séance.

Robenson Geffrard source le nouvelliste