Le FMI continue de mettre en garde contre la mauvaise situation de l’économie haïtienne

Le FMI continue de mettre en garde contre la mauvaise situation de l’économie haïtienne

Les directeurs du board exécutif du Fonds monétaire international (FMI) ont exprimé leurs « préoccupations » concernant la crise sociopolitique en Haïti et souligné « l’urgence de restaurer la stabilité politique et macroéconomique » pour pouvoir faire face à la pauvreté, à l’inégalité et à la corruption, a fait savoir un communiqué du FMI, publié mardi 28 janvier, après des consultations réalisées en 2019, dans le cadre de l’article 4 dudit Fonds.

Les directeurs appellent tous les acteurs haïtiens à travailler, dans le cadre d’un large dialogue national, pour faire face à ces défis et permettre au pays de réaliser son potentiel de croissance, plus fort et plus inclusif, a indiqué ce communiqué, soulignant que la résolution de la crise actuelle, la mise en place d’un gouvernement, la réalisation de réformes faisables et le retour de l’appui international pourraient conduire à plus d’investissements et de croissance.

Le Fonds a indiqué que la crise qui sévit depuis mars 2019 a des impacts sur l’économie et sur les plus vulnérables. Il a noté que l’inflation a atteint 20 % en septembre, observé une dépréciation de 25 % de la gourde pour la même période et la contraction de l’économie -1, 2% à la fin de l’exercice fiscal 2019 (fin sept). Avec des ressources fiscales limitées et l’augmentation de la subvention de l’énergie, le déficit fiscal a été de 3,8 % du PIB, un PIB de 9,7 milliards de dollars en 2018, selon le FMI. La dette publique a fait un bond au cours de l’exercice fiscal 2018-2019.

Selon le FMI, les autorités haïtiennes font des efforts considérables pour limiter la détérioration de la situation. Le ministère des Finances applique des mesures pour augmenter la collecte des ressources et assurer un meilleur contrôle des dépenses. En novembre, le ministère a signé avec la BRH un accord pour renforcer la discipline fiscale et limiter le financement monétaire du gouvernement. La BRH a ajusté ses taux d’intérêt pour contenir l’inflation tout en essayant, en même temps, de supporter le secteur privé dans cette conjoncture de récession, a révélé le communiqué du FMI.

Sans réforme, sans nouveaux hocs et dans le cas d’une stabilisation politique, le FMI table sur un taux de croissance négative du PIB en dessous de -1,5 %, selon ce communiqué qui encourage le gouvernement à lutter contre la corruption. Le FMI a en outre souligné l’urgence d’actualiser les priorités en matière de lutte contre la corruption. Il a aussi souligné le besoin de renforcer les déclarations de patrimoine, la conduite d’audits réguliers des entreprises autonomes de l’État et d’autres entités publiques.

Le FMI a par ailleurs souligné que dans un contexte de contrainte fiscale, il faut réorienter les ressources des secteurs non prioritaires pour les investir dans des programmes sociaux. Le Fonds a aussi souligné l’importance de limiter le financement monétaire et le déficit budgétaire et préparer le budget national pour l’exercice 2019-2020. Le FMI encourage les autorités à mettre l’emphase sur des mesures pour augmenter les ressources fiscales, réduire les exemptions fiscales à court terme tout en renforçant l’administration fiscale, préparer un plan de financement de la dette et renforcer la gestion des ressources publiques, précise ce communiqué.
source Le Nouvelliste

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