Première pierre pour la reconstruction du palais national

Première pierre pour la reconstruction du palais national

Le 12 janvier 2018, le président Jovenel Moïse fera d’une pierre deux coups. Il posera la première pierre pour la reconstruction du Palais national et procédera au lancement du concours pour retenir le meilleur plan pour cet édifice dont l’architecture devra s’inspirer du palais dessiné par l’architecte Georges Baussan..

Après l’offrande florale au « Mémorial du 12 janvier » à St-Christophe et une cérémonie œcuménique, le président Jovenel Moïse posera la première pierre de la reconstruction du Palais national vendredi, huit ans jour pour jour après sa destruction par le tremblement de terre du 12 janvier 2010, a confié au journal le porte-parole de la présidence, Lucien Jura, ce mardi 9 janvier 2018.

La reconstruction du palais national est extrêmement importante pour le président Jovenel Moïse qui veut laisser cette infrastructure au pays au terme de son quinquennat, a expliqué Lucien Jura. Le palais national est un symbole, le haut lieu du pouvoir politique en Haïti. C’était le plus beau palais, de l’avis de plus d’un, qu’il y avait dans toute la Caraïbe, a-t-il poursuivi, soulignant la préférence quasi unanime pour que le nouveau palais, du point de vue architectural, ressemble à celui de Baussan.

« Il est fait en sorte que la pose de la première coïncide avec le lancement du concours pour choisir le plan. Je pense que le 12, le président de la République va publier la liste des firmes qui participeront au concours et le jury», a confié au journal l’ex-ministre de la Culture, ex-directeur de l’Ispan et architecte Daniel Élie, membre du Comité de réflexion sur la reconstruction du palais national.

Le délai fixé pour déterminer le plan gagnant est de quatre mois, a-t-il expliqué. « La pose de la première pierre est toujours un acte symbolique. C’est le début du processus », a-t-il dit. « On planifie pour aller assez vite. Le temps de faire les études et on débute le chantier. Il y aura des travaux préliminaires sur le site. On a un premier chronogramme provisoire. On espère terminer le chantier dans les trois prochaines années », a indiqué Daniel Élie.

« Le concours débouchera directement sur une passation de marché public », avait confié Daniel Élie au journal lors d’une interview en novembre 2017. C’est pourquoi, avait-il ajouté, la commission a pris beaucoup de précautions en ce sens.

Il s’agit d’un concours national de portée internationale, avait précisé l’ingénieur Clément Bélizaire, le coordonnateur de la commission. Une façon pour lui de dire que l’appel d’offres est international. Les participants au concours seront évalués et le processus respectera les normes de la passation de marché public, avait-t-il souligné. Le gagnant du concours aura à la fois l’étude et la supervision des travaux, avait-il dit.

Les participants ont droit à des relevés topographiques, des aménagements antérieurs du palais présidentiel du pays afin de mieux faire leurs propositions.

Selon Daniel Élie, à la place de la maquette, la commission demande aux participants une vidéo de trois minutes dans laquelle ils présentent le plan du travail avec toutes les perspectives de l’intérieur et de l’extérieur.

« J’estime nécessaire de reconstruire les façades extérieures du palais à l’identique. Mais, à l’intérieur, il y a lieu d’avoir de nouveaux accommodements qui permettront de répondre aux besoins des organes et des services de la Présidence de la République, tout en respectant les normes modernes de construction d’un bâtiment public », avait recommandé le chef de l’État lors de l’installation de la commission.

Selon Clément Bélizaire, Georges Baussan doit être dans toutes les propositions de reconstruction du nouveau palais. Il a rappelé que l’ancien a été considéré comme le palais néoclassique le mieux réussi des Amériques. Pour lui, on ne doit pas perdre cette distinction dans la nouvelle construction.

Le palais national est à la fois symbolique, historique mais aussi identitaire. C’est pourquoi Daniel Élie pense que le nouveau bâtiment doit prendre en considération toutes ces dimensions.

Dans ses fonctionnalités, le palais est unique, a fait savoir l’architecte Élie. Il est un lieu de réception de l’apparat, une résidence et un lieu de gestion du pays. Ces trois composantes doivent cohabiter avec pour point commun la haute sécurité, avait-il dit.

Environ 1 500 personnes travaillent au palais, a-t-il affirmé. Il y en a qui y travaillent pendant des heures précises, il y en a d’autres qui y habitent, comme la famille présidentielle et d’autres employés. De ce fait, le bâtiment doit avoir un hôtel, une cuisine industrielle, une infirmerie…, ont expliqué les membres de la communication.

Pour prendre part au concours, les firmes étrangères doivent s’associer avec des firmes haïtiennes et ces dernières devront être le chef de file. Un jury indépendant et technique composé d’architectes sera constitué pour évaluer les propositions. « Les participants seront jugés par leurs pairs », avait dit Daniel Élie.

Quel sera le coût de la reconstruction du palais national ?

La commission ne dispose pas encore de réponse exacte à cette question. Cependant, selon l’architecte Daniel Élie, la surface qui sera utilisée pour les trois grandes composantes du palais national permettra de connaître le coût de la reconstruction du bâtiment. Mais avant, une estimation approximative leur permet déjà de voir que l’ouvrage peut avoisiner les 40 millions de dollars, « clef en main ». Toutefois, cette estimation ne prend pas en compte le système de sécurité, entre autres.

Pour essayer de déterminer le coût de la reconstruction du nouveau palais, l’ingénieur Clément Bélizaire se rapporte à l’évaluation de l’ancien palais d’avant le séisme de 2010 à 50 millions de dollars.

Selon Clément Bélizaire, le financement de la reconstruction du palais national s’étalera sur quatre exercices et l’impact financier ne sera pas insoutenable pour l’économie.

Outre le Trésor public, pour financer la reconstruction du palais, la commission entend organiser des levées de fonds et demander la participation des institutions de l’État à but lucratif.

Roberson Alphonse et Robenson Geffrard

Voici les membres du Comité de réflexion sur la reconstruction du Palais national: Clément Bélizaire (coordonnateur), Patrick Durandisse, Patrick Delatour, Daniel Élie, Sabine Malbranche, Georges Michel et Yvan Pinchinat. Les sept membres du comité, devront, selon le vœu du chef de l’État, se mettre au travail rapidement de concert avec le Ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC) et l’Unité de construction de logements et de bâtiments publics (UCLBP).

Roberson Alphonse source le nouvelliste